
Nous avons parfois la chance de trouver le squelette complet d'un animal enfoui dans les roches. Nous pouvons alors être sûrs de l'identité de l'animal découvert. Mais, le plus souvent, nous ne mettons la main que sur des ossements épars qu'il nous faut comparer avec des vestiges plus complets avant de pouvoir nous en servir.
Il faut manipuler les os de vertébrés fossiles avec beaucoup de précautions. Ils peuvent se désagréger dès qu'on les a extraits de la roche qui les contenait, ou sur le chemin du lieu de fouille au laboratoire. Pour éviter ce genre d'accident, on enveloppe l'ossement mis au jour dans un sac imprégné de plâtre fin. Lorsque cet emballage protecteur est sec, il protège le fossile pendant que l'on enlève son vestige de la roche. Puis l'os entier est traité de la même façon pour le transporter jusqu'au lieu d'étude. La position de chaque os est notée avec précision avant son enlèvement, ce qui permet ensuite de reconstituer plus facilement le squelette dans son entier. Si l'on souhaite exposer le squelette monté, on fabrique de nos jours des moulages en fibre de verre, ce qui permet de conserver les fossiles originaux pour en faire une étude approfondie.
Les paléontologues appellent reconstitution un squelette monté, tel qu'on peut le voir dans un musée. Par contre, une restitution est une représentation de l'animal entier lorsqu'il était en vie. Il peut s'agir d'une peinture ou d'une sculpture — ou d'une représentation photographique, comme dans cet ouvrage — et elle relève beaucoup plus de l'imagination qu'une reconstitution.
Une restitution commence toujours par la reconstitution. Mais, même à ce stade, des problèmes apparaissent. Il est plus que probable qu'il manque des parties du squelette et l'exécution des pièces perdues se fait par comparaison avec les squelettes d'animaux proches. Les crânes des dinosaures sont rarement préservés, leur constitution fragile les rendant très vulnérables durant le processus de fossilisation.
En étudiant les os, les paléontologues peuvent déterminer le système d'insertion des muscles. Les zones d'insertion se voient souvent par les cicatrices qu'ils laissent sur la surface de l'os. Nous pouvons affirmer si une partie du corps, par exemple la queue, était flexible ou rigide, en regardant comment les os étaient disposés et reliés et si les articulations possèdent une rigidité supplémentaire sous forme de tendons.
On trouve rarement des squelettes fossiles sous forme aussi complète que celui de cet Anatosaurus, un dinosaure à bec de canard (en haut). Lorsque les savants en trouvent un d'aussi bonne qualité, ils peuvent facilement déterminer l'aspect de l'animal. Des détails de tendons attachés aux os (ci-dessus) montrent, par exemple, que sa queue était rigide.

Généralement, lorsqu'un paléontologue restitue un animal fossile, il doit deviner à quoi ressemblait la peau. Parfois, cependant, la peau d'origine est fossilisée, si l'animal a été enseveli rapidement.
La texture de la peau pose généralement un problème car on trouve peu de peau fossilisée. Mais on découvre parfois l'empreinte de peaux fossiles lorsque l'animal s'est roulé dans la boue, laquelle s'est solidifiée par la suite en conservant l'empreinte; il arrive aussi que la carcasse d'un animal mort se soit desséchée, tannant la peau qui a pu ainsi se fossiliser.

L'une des parties les plus hasardeuses d'une restitution concerne le coloris. Il n'existe pratiquement aucune indication sur la couleur d'un animal disparu. Nous pouvons cependant prendre en considération les coloris des animaux d'aujourd'hui et appliquer les mêmes principes. Nous pouvons donner une robe camouflée à des animaux qui en avaient besoin, et adapter ce motif au paysage dans lequel il vivait. Comme pour la faune d'aujourd'hui, les plus grands animaux devaient avoir des couleurs plus sobres avec des nuances dominantes sombres, tandis que les bêtes plus petites possédaient des coloris plus éclatants.

Pour restituer un animal, la première tâche consiste à reconstituer le squelette (1).
Nous pouvons alors déterminer les points d'insertion des muscles (2).
Pour le coloris (3), nous ne pouvons émettre que des hypothèses mais, comme la plupart des animaux modernes, l'Anatosaurus s'adaptait probablement au paysage.
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